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 DOM-TOM : les grèves

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Philae
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MessageSujet: DOM-TOM : les grèves   Mer 18 Fév - 13:03



Citation :
Voitures retournées et carbonisées, émeutes et exactions... Après un mois de grève générale, l’île a de nouveau été le théâtre de scènes de pillages et d’affrontements la nuit dernière. Six représentants des forces de l’ordre ont été légèrement blessés par arme à feu. Un syndicaliste de 50 ans a été tué près d'un barrage tenu par des jeunes. Le gouvernement et le collectif LKP ("collectif contre l’exploitation"), ont lancé un appel au calme.



Selon le maire de la ville Ary Chalus, certains jeunes, munis de fusils à pompe, ont tiré à balles réelles. Trois gendarmes ont été légèrement blessés.

A Pointe-à-Pitre, des magasins ont été pillés et incendiés. Trois policiers ont été légèrement blessés dans des affrontements. Le maire de la ville Jacques Bangou n’hésite pas à parler d’abandon et de sentiment d’impuissance. Le sentiment de "ne plus appartenir à un Etat de droit".

Source France Info

Pour comprendre ce conflit, la chronologie des évènements :

Citation :
le conflit social en Guadeloupe et en Martinique

- 20 janvier: une grève générale est lancée en Guadeloupe par le collectif LKP (Lyannaj kont pwofitasyon, Ensemble contre la surexploitation, composé de 49 organisations, partis et syndicats). Principale cible du mouvement: la vie chère. Le LKP demande, entre autres, une augmentation de 200 euros pour les bas salaires

- 1er février: plus de dix jours après le début du mouvement, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo se rend en Guadeloupe et note des signes "d'apaisement"

- 4 février: Yves Jégo annonce une baisse de 10% sur 100 produits de base dans les supermarchés guadeloupéens

- 5 février: lancement d'une grève générale en Martinique, avec des manifestations quotidiennes

- 9 février: un pré-accord est trouvé, prévoyant notamment une augmentation de 200 euros pour les bas salaires, principale revendication du LKP. Mais le départ précipité du secrétaire d'Etat pour Paris, avant d'y retourner deux jours plus tard, provoque l'incompréhension aux Antilles.

- 10 février: François Fillon annonce le refus de l'Etat de prendre en charge les hausses des salaires. Deux médiateurs sont nommés pour tenter de trouver un accord

- 12 février: les négociations entre le LKP et les médiateurs de l'Etat sont rompues. A la Réunion, un appel à la grève est lancé pour le 5 mars

- 13 février: Nicolas Sarkozy annonce la création d'un conseil interministériel de l'Outre-mer, chargé de la "rénovation de la politique menée par l'Etat" dans les DOM-TOM

- 16 février: une cinquantaine de manifestants sont arrêtés sur un barrage routier en Guadeloupe

- 17 février: nuit agitée en Guadeloupe, avec 18 interpellations dans la nuit, suite à des voitures brûlées et des pillages de magasins à Sainte-Anne et à Pointe-à-Pitre. Trois gendarmes ont été légèrement blessés par des tirs. Un syndicaliste de 50 ans a été tué près d'un barrage tenu par des jeunes. En Martinique, les négociations semblent rompues entre le collectif syndical et les représentants de la grande distribution

- 19 février: Nicolas Sarkozy doit recevoir les élus d'outre-mer "afin de faire un point sur la situation. AP


Source Nouvel Obs

Vu de l'extérieur :

Citation :

Tension ou insurrection ?

Barrages routiers improvisés, vitrines éventrées, magasins incendiés et voitures retournées, pompiers caillassés par des groupes de jeunes encagoulés, échauffourées entre policiers et « petits Guadeloupéens en désespérance dans ce pays », selon Élie Domota, le leader du LKP...

Après 27 jours de grève contre la vie chère, la situation se dégrade en Guadeloupe. L'île est même jugée « au bord de la sédition » par Victorin Lurel, le président (PS) du conseil régional. Hier, l'aéroport a été temporairement fermé à Pointe-à-Pitre dont le procureur s'est dit « dans l'attente et l'angoisse que rien de grave ne se passe ».

Durcissement et mobilisation.

Le collectif LKP, à la tête de la grève, estime que « le durcissement » du mouvement est « la conséquence du mépris que le gouvernement et le Medef ont manifesté ». Charlie Lendo, l'un des responsables du LKP, appelle à l'« accentuation de la mobilisation » et parle même de « légitime défense ». « On a le même smic que les Métropolitains et la vie coûte quatre fois plus cher en Guadeloupe », assure-t-il.

L'État prêt à faire un plus.

Selon Yves Jégo, le secrétaire d'État à l'Outre-mer, le gouvernement est « prêt à apporter une baisse de charges sociales aux entreprises qui en ont besoin pour passer la crise ; à charge pour elles ensuite de rentrer dans la bonne négociation ». Mais il a réfuté un engagement de l'État sur les 200 € d'augmentation exigés par le LKP. Le préaccord élaboré le 8 février prévoyait pourtant une augmentation salariale de 200 € en contrepartie de 108 millions d'euros d'allégements de charges pour les entreprises.

Le patronat veut plus de l'État.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, dénonce une impasse et pointe « une responsabilité de l'État immense, gigantesque » qui « ne s'est jamais sérieusement intéressé à la problématique antillaise » et qui doit « alléger les prélèvements obligatoires ». Le président de la Fédération des entreprises d'outre-mer (FEDOM), Guy Dupont, juge « impossible » de « demander en même temps la baisse des prix à la consommation, l'augmentation des salaires et l'augmentation du nombre d'emplois ».

Source Ouest-France


Vu de l'intérieur :

Citation :
Monique: "Je regarde ces hommes avec immensément de fierté"

"Je suis une métro enseignante vivant en Guadeloupe depuis douze ans. C’est une grève générale venue des entrailles, avec les excès inévitables de langage et les radicalisations de ceux qui sont élevés dans le “baisse les yeux, ferme ta bouche”.

Mais les raisons de manifester sont justes. Même si certaines sont irréalistes, et je le dis avec émotion.

La vie chère: au moins 50% plus cher qu’en métropole. C’est gérable pour les fonctionnaires qui touchent 40% de plus pour la vie chère justement, mais je sais que ma femme de ménage doit mettre les ignames (importés) sur la table plus souvent qu’à son tour. Tout est taxé par l’octroi de mer perçu par la région.



Catherine: "Nous avons peu d’informations"

"Depuis mardi, la Guadeloupe est paralysée: plus d'essence dans les cuves donc plus de transports, plus d'école, plus de commerces ouverts, des coupures d'électricité tournantes, des coupures d'eau.

La plupart des entreprises et commerces qui n'avaient pas fermé ont été obligés de le faire par intimidation. Des dérapages ont lieu, car les esprits s'échauffent et les voyous en profitent (voitures brûlées, essence siphonnée...) Un lot de revendications, aussi nombreuses que variées et un refus de négocier, de la part des syndicalistes, s'il n'y a pas toutes les bonnes personnes, si cela empiète sur l'heure de la manif prévue...

Les gens, ici, sont fatalistes et habitués, car ils ont connu dans le passé des grèves très dures. Ils vont faire leurs réserves d'eau et de provisions. Je connais même des personnes qui ont fait construire des citernes, en même temps que leur maison, pour pallier toute pénurie et qui ont un groupe électrogène. Moi, bêtement, je ne suis pas allée remplir un chariot plein, car cela m'agaçait...

Mais le plus grave, à mon avis, est le peu d'information que nous avons. La chaîne locale, acquise ouvertement au mouvement, distille toute la journée des images de routes vides et de barrages et donne une info partisane, sans débat contradictoire, sans analyse journalistique véritable. Les gens s'échangent des liens et internet heureusement apporte plus d'éléments."


Rudia: "C'est une attitude ridicule"

"Je fais le constat suivant: les Guadeloupéens suivent ce mouvement de grève comme des “moutons”! Certes, le pouvoir d'achat est une question qui interroge tout le monde et d'avantage les Antilles car les prix sont encore plus élevés qu'en métropole, mais je pense qu'avec ne serait-ce qu'un peu de réflexion, on se rendrait compte à quel point c'est une attitude ridicule.

Nous sommes en période de crise, ils empêchent les commerces de fonctionner, si je prends l'exemple de Pointe-à-Pitre, la situation des commerces est catastrophique, je reste persuadée qu'à l'issue de ce mouvement, de nombreux magasins fermeront leurs portes.

Concrètement, qu'est ce qu'on peux faire pour eux? Moi, je me le demande. Avec toutes leurs revendications, ce n'est pas une grève qu'il faudrait, mais une révolution.

Le syndicat majoritaire qui a appelé à la grève est l'UGTG (Union générale des travailleurs guadeloupéens). Ce syndicat a un penchant très nationaliste, voire même indépendantiste. J'ai pu noter que la manifestation qui, au départ traitait du pouvoir d'achat (notamment), penche maintenant vers un discours indépendantiste."

Christophe: "Les revendications sont complètement fantaisistes et irréalisables"

"Les grands hôtels et donc les touristes sont pris pour cible. Ils ne peuvent sortir qu'à pied, il y a des barricades y compris devant la vieille tour mais ils gèrent puisqu'ils peuvent se payer des vigiles. Parallèlement, les stations services sont fermé depuis lundi. Les ravitaillements commencent à être problématiques.

Pour la première fois dans la longue histoire des barrages en Guadeloupe, l'appel à la grève est le résultat d'une coalition de tous les syndicats, malheureusement les revendications sont complètement fantaisistes et irréalisables.

Depuis trois jours, des groupuscules sans convictions particulières érigent des barrages à droite, à gauche, y compris en pleine campagne, mais c'est un genre de sport national. De toute façon, tout sera débloqué ce weekend car nous sommes en plein carnaval.

Ironie: tout ça advient alors que l'Etat négocie des tarifs aériens préférentiels pour relancer le tourisme."

Nadine: "La vie est super chère ici"

"Nous habitons entre Pointe-à-Pitre et Basse-Terre. C'est seulement depuis vendredi, dans ma petite, très petite commune où il ne se passe jamais rien (dommage) que je ressens les méfaits de la grève.

Les gens viennent de Basse-Terre parce qu'ils avaient appris que chez nous, c'était cool et que les magasins étaient encore ouverts. Pas de chance, les manifestants aussi l'ont appris. Alors ils ont fermés notre Leader Price et autres commerces. Pour autant, mon courrier a été distribué dans ma boîte aux lettres aujourd'hui. Remarquez, je me passerais plus des factures que du pain ou de cigarettes… Mais le 8 à huit a été dévalisé de ses raviolis, cassoulets et de packs d'eau.

Ici, pas de coupure d'eau ni d'électricité, et je croise les doigts. J'ai fait le plein d'eau, j'ai fait le plein de bougies, et j'ai sorti mes jeux de sociétés.

Le seul problème est qu'il est vrai que la vie est super chère ici. J'ai trente ans d'expatriation (Afrique, Polynésie, DOM) mais pour joindre les deux bouts, je peux vous assurer, quoi que toutes les stats puissent vous dire, c'est impossible, et chacun y va de sa raison."


Source Rue 89
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MessageSujet: Re: DOM-TOM : les grèves   Dim 8 Mar - 1:23

Citation :
OUTRE-MER - Des grandes surfaces ont été bloquées par les manifestants...

Des manifestants du Collectif contre la vie chère ont contraint ce samedi sans incidents plusieurs grandes surfaces à fermer temporairement en bloquant leurs entrées dans plusieurs communes de l'île de la Réunion, a constaté un journaliste de l'AFP.

La séance de travail prévue à la préfecture ne s'est pas tenue, les représentants du monde économique demandant au préalable la réouverture des magasins fermés.

La plupart des magasins ont rouvert

La plupart des grandes surfaces qui avaient dû baisser leur rideau dans la matinée ont rouvert après le départ des manifestants, qui se déplaçaient d'un centre commercial à l'autre dans la région de Saint-Denis.

Mais dans un communiqué diffusé en milieu d'après-midi, le groupe de négociation du monde économique a tenu à «réaffirmer qu'il n'a pas rompu les négociations, mais ne peut discuter sous la contrainte physique», tout en rappelant que «la distribution et ses partenaires sont prêts à faire des propositions fortes sur les prix».

«Les négociations ont été rompues par la grande distribution sous un prétexte fallacieux, nous allons durcir le mouvement et multiplier les opérations coup de poing», a déclaré au même moment Ivan Hoarau, porte-parole du Collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion (Cospar).

Les négociations sur les logement maintenues

Un appel à la grève illimité a été lancé par le Cospar à partir de mardi.

En revanche, les négociations sur le prix des loyers dans le logement social se sont poursuivies normalement entre des représentants du Cospar et les bailleurs sociaux.source
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